Une délégation du Comité « Pour ne pas oublier Sabra et Chatila et le droit au retour » rend visite à Amel Association International à Haret Hreik

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Mohanna, Aina, Novara, Ghali et Chai appellent à transformer la mémoire du massacre en une action continue en faveur de la justice, du droit au retour et de la protection des civils

Beyrouth – Amel Association International a accueilli, dans son Centre de développement des capacités humaines à Haret Hreik, une délégation du Comité « Pour ne pas oublier Sabra et Chatila et le droit au retour ». Composée de militantes et de militants venus d’Italie et d’autres pays européens, la délégation s’est rendue au Liban dans le cadre de la visite annuelle organisée par le Comité à l’occasion du 44e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila.

Ont participé à la rencontre le président d’Amel Association International, le Dr Kamel Mohanna ; le représentant du Comité, Flavio Novara ; le coordinateur de ses activités au Liban et président de l’Association Beit Atfal Assumoud, le Dr Kassem Aina ; le coordinateur mondial du Mouvement populaire pour la santé, Aziz Ghali ; et la médecin britannique d’origine malaisienne Swee Chai. Étaient également présents la Dre Zeina Mohanna, directrice des programmes et des partenariats d’Amel, ainsi que plusieurs membres du personnel de l’association.

Les échanges ont porté sur l’importance de préserver la mémoire des victimes du massacre de Sabra et Chatila et de l’inscrire dans la lutte continue pour la justice et le droit au retour, dans un contexte marqué par les crimes de grande ampleur commis à Gaza, l’intensification de la colonisation et des déplacements forcés en Cisjordanie, ainsi que la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban. Ces attaques provoquent des morts, des déplacements et la destruction d’habitations, d’infrastructures essentielles et des moyens de subsistance, notamment dans le sud du pays.

Accueillant la délégation, Mohanna a salué sa décision de se rendre au Liban dans des circonstances aussi difficiles. Il a déclaré que la commémoration du massacre de Sabra et Chatila ne visait pas seulement à rappeler le passé, mais aussi à empêcher la répétition de tels crimes et à lutter contre l’impunité. Il a souligné que la justice constitue à la fois un droit pour les victimes et une garantie de protection pour les vivants, avertissant que l’absence de reddition de comptes et l’application sélective du droit international ouvrent la voie à de nouvelles tragédies et portent atteinte à la crédibilité du système international.

Mohanna a ajouté que la défense des droits du peuple palestinien à la liberté, au retour et à l’autodétermination, ainsi que du droit des habitants du sud du Liban à regagner leurs villages et à reconstruire leur vie, constitue une défense de la dignité humaine, de l’existence et de l’avenir. Il a affirmé qu’Amel poursuivrait son action sanitaire, sociale, humanitaire et de développement, parallèlement à son engagement en faveur des droits humains, en se fondant sur la solidarité plutôt que sur la charité et sur le principe selon lequel chaque personne est titulaire de droits, et non simplement bénéficiaire d’une assistance.

Pour sa part, Aina a déclaré que la visite annuelle offrait un espace de rencontre directe avec les familles et les communautés locales et permettait de transmettre leurs témoignages à l’opinion publique européenne. Il a insisté sur le fait que l’expression « Pour ne pas oublier » impose un travail permanent afin de protéger la vérité contre l’effacement et la falsification, de faire connaître le massacre aux nouvelles générations et de soutenir le droit du peuple palestinien à retourner sur sa terre et à vivre librement et dignement. Il a également salué le partenariat de longue date unissant Beit Atfal Assumoud, Amel et le Comité au service des réfugiés palestiniens et de la défense de leurs droits.

De son côté, Novara a exprimé la solidarité des membres du Comité et de la délégation européenne avec les peuples palestinien et libanais, soulignant que leur présence au Liban portait un message de fidélité aux victimes et de refus du silence face aux crimes auxquels le monde assiste aujourd’hui. Il a insisté sur l’importance de poursuivre la mobilisation citoyenne et associative en Europe et de transmettre les témoignages et les faits recueillis par la délégation aux sociétés et aux institutions concernées, afin d’élargir la solidarité et de renforcer les appels à la reddition de comptes et au respect du droit international.

Aziz Ghali, coordinateur mondial du Mouvement populaire pour la santé, a évoqué le lien étroit entre le droit à la santé, la justice sociale et le droit des peuples à l’autodétermination. Il a souligné que la santé ne pouvait être dissociée des conditions politiques et sociales dans lesquelles vivent les populations. Selon lui, l’occupation, la guerre, les déplacements forcés et la destruction des infrastructures essentielles ne privent pas seulement les civils de soins médicaux, mais portent atteinte à l’ensemble des conditions nécessaires à la santé et à la vie, notamment le logement, l’eau, l’alimentation, la sécurité et la dignité.

Ghali a appelé à renforcer la solidarité entre les mouvements populaires et les mouvements en faveur de la santé à travers le monde, à défendre les professionnels de santé et les établissements médicaux, et à empêcher que les soins de santé ne deviennent une victime des guerres, des sièges et de l’impunité.

Pour sa part, Swee Chai, médecin britannique d’origine malaisienne, est revenue sur son expérience humanitaire liée au massacre de Sabra et Chatila. Elle a affirmé que le fait d’avoir été témoin des souffrances des victimes impose une responsabilité morale permanente : dire la vérité et lutter contre l’oubli. Elle a souligné que la protection des civils, des blessés et du personnel médical n’était pas facultative, mais constituait une obligation humanitaire et juridique. Elle a également relevé que les attaques contre les hôpitaux et les professionnels de santé, ainsi que la privation de soins imposée aux blessés, aggravent les effets dévastateurs de la guerre sur les communautés.

Chai a appelé les médecins, les professionnels de santé et l’opinion publique internationale à continuer d’élever la voix afin de mettre fin aux attaques, de garantir l’accès aux soins aux personnes qui en ont besoin et de demander des comptes aux responsables des violations.

Les participants ont également évoqué la portée symbolique de la tenue de la rencontre dans le centre d’Amel à Haret Hreik, endommagé et détruit lors d’une attaque avant d’être restauré. Le centre avait auparavant accueilli une exposition documentaire sur le massacre de Sabra et Chatila et avait constitué une étape essentielle dans le lancement de la coopération entre Amel et le Comité. Les participants ont affirmé que sa réouverture et la poursuite de ses activités incarnaient la volonté de vivre et de rester face à la destruction et à l’arrachement, ainsi que l’attachement à la mémoire et à la justice face aux tentatives d’effacement et à l’impunité.

La rencontre s’est achevée par un engagement à poursuivre la coopération et à organiser des activités conjointes, à transformer la mémoire en une force d’action pour le présent et l’avenir, et à mobiliser la solidarité la plus large possible avec les victimes de violations en Palestine et au Liban. Les participants ont également appelé à protéger les civils, à demander des comptes aux responsables des crimes et à garantir les droits des peuples sans sélectivité ni politique de deux poids, deux mesures.

Amel.org
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Amel Association International is a social movement for reform, human dignity, access to fundamental human rights, and social justice. Established in 1979 and recognized as a public utility by presidential decree 5832 in 1994, this Lebanese non-sectarian NGO is present in 10 countries.

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