L’Association Amel Internationale suit avec une vive inquiétude les récentes décisions et classifications ayant visé des institutions sanitaires libanaises, ainsi que leurs graves répercussions sur l’essence même de l’action humanitaire et médicale. Ces mesures menacent l’un des secteurs les plus sensibles et les plus étroitement liés aux droits humains fondamentaux, en particulier le droit à la santé et à la vie.
L’Association souligne que les établissements de santé, en particulier les hôpitaux, sont considérés, en vertu du droit international humanitaire, comme des structures protégées, qui ne doivent en aucun cas être instrumentalisées, politisées ou soumises à des classifications les détournant de leur mission humanitaire. Les Conventions de Genève et les principes du droit international des droits de l’homme stipulent clairement la nécessité de préserver la neutralité du secteur de la santé et de ses personnels, et de garantir la continuité de leurs activités sans pression, sanctions ni criminalisation.
Amel Internationale met en garde contre l’inscription d’hôpitaux ou d’institutions sanitaires sur des listes à caractère sécuritaire ou punitif, une pratique dangereuse et sans précédent dans l’histoire récente. Une telle démarche risque d’ébranler l’ensemble du système de protection humanitaire et de transformer les patients, déjà vulnérables, en victimes supplémentaires de décisions dénuées de considérations éthiques et humanitaires.
L’Association rappelle que ces institutions constituent une composante essentielle du tissu social libanais. Depuis des décennies, elles offrent des soins à toutes les personnes, sans discrimination ni exclusion, et contribuent à la préservation de la paix sociale et à la résilience collective dans les périodes les plus difficiles. Elles n’ont jamais été des instruments de conflit, mais des espaces de guérison et de solidarité humaine.
Dans ce contexte, Amel Internationale affirme que l’identité arabe ne se résume pas à des slogans, mais repose sur un engagement moral et humanitaire fondé sur la protection de la dignité humaine et la sauvegarde des institutions vitales, notamment dans le domaine de la santé. La fraternité entre les peuples implique une responsabilité collective visant à protéger les groupes les plus vulnérables et à éviter toute instrumentalisation politique ou juridique contraire aux principes de justice et d’humanité.
L’Association estime que de telles décisions ne favorisent ni la stabilité ni la sécurité. Au contraire, elles aggravent les crises humanitaires, fragilisent davantage les sociétés et affaiblissent la capacité des systèmes de santé à répondre aux besoins croissants, dans un pays déjà confronté à des défis économiques et sociaux sans précédent.
En conséquence, Amel Internationale appelle à une révision urgente de ces approches, en privilégiant le dialogue, la vérification des faits et le respect du droit international humanitaire, loin de toute logique de généralisation et de sanction collective. Elle exhorte également à protéger le secteur de la santé contre toute forme d’atteinte directe ou indirecte, afin de garantir le droit aux soins et de préserver les valeurs humaines universelles.
L’Association demande à toutes les parties concernées de reconsidérer cette décision injuste et d’adopter une approche équitable, fondée sur les principes du droit international humanitaire, qui protège les institutions sanitaires contre toute mesure ou classification les détournant de leur mission naturelle de soin et de protection.
La protection du secteur de la santé est une responsabilité morale et civilisationnelle. Toute atteinte à ce secteur se répercute directement sur la vie et la dignité des personnes. À cet égard, Amel Internationale réaffirme que la justice, la transparence, la vérification et le dialogue constituent les seuls moyens de préserver l’être humain et ses institutions vitales, ainsi que les valeurs humanitaires communes qui ne doivent jamais être compromises.