Amel Association Internationale met en garde contre l’aggravation de la crise du déplacement : les solutions temporaires ne suffisent plus

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Amel Association Internationale a affirmé que la poursuite de la gestion de la crise de l’hébergement et du déplacement selon une logique de solutions temporaires n’est plus acceptable face à la détérioration humanitaire et sociale croissante. L’organisation a appelé le ministère des Affaires sociales à passer à des mesures concrètes à travers la création de nouveaux centres d’hébergement sûrs et dignes, respectant les normes humanitaires minimales et préservant la dignité des familles affectées et déplacées.

La fondation a estimé que le recours continu aux écoles et aux établissements éducatifs comme centres d’hébergement d’urgence est incompatible avec une vision globale de gestion des crises sociales et humanitaires de longue durée. Cette situation place des milliers d’étudiants et de familles face à un avenir incertain pour la prochaine année scolaire, qui approche dans quelques mois, alors que le Liban doit protéger le droit des enfants et des jeunes à l’éducation en tant que droit fondamental non négociable et ne pouvant être reporté.

Amel Association Internationale a indiqué que de nombreuses écoles et centres éducatifs ont, depuis des mois, pratiquement cessé d’exercer leur rôle éducatif naturel en raison de leur utilisation comme abris temporaires, dans un contexte marqué par l’absence d’infrastructures sociales et d’équipements dédiés aux situations d’urgence. Cette situation menace d’avoir de graves répercussions sur le processus éducatif ainsi que sur la stabilité psychologique et sociale des enfants, des enseignants et des familles.

L’organisation a souligné que les crises humanitaires ne peuvent être gérées à travers des solutions improvisées ou des réponses circonstancielles, mais doivent reposer sur des politiques publiques claires fondées sur la planification préalable, le respect des droits humains et les normes internationales relatives à la protection des personnes déplacées et des groupes les plus vulnérables. Cela inclut le droit à un logement décent, à la vie privée, à la santé, à la protection sociale et à l’éducation.

Amel a également insisté sur le fait que les centres d’hébergement actuels ne répondent souvent pas aux conditions minimales d’une vie digne, notamment en raison de la surpopulation, du manque d’intimité et de l’insuffisance des services essentiels. Cette situation aggrave les souffrances des familles et entraîne de graves conséquences psychologiques et sociales, en particulier pour les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.

L’organisation a rappelé que les normes internationales relatives à la protection des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays soulignent que les problèmes de protection ne naissent pas uniquement du déplacement lui-même, mais se poursuivent et s’aggravent durant le déplacement et pendant la recherche de solutions durables. Cela impose aux États d’adopter une approche globale dépassant la logique des réponses d’urgence limitées.

Amel a également mis en garde contre le fait que l’absence d’une vision claire pour la gestion du déplacement interne et de l’hébergement aggrave les tensions sociales et affaiblit la résilience des communautés locales, particulièrement dans un contexte de crise économique et de dégradation des services de base. L’organisation a affirmé que la protection des déplacés est indissociable de celle des communautés d’accueil ainsi que de la protection du droit à l’éducation, aux soins de santé et à une vie digne.

Dans ce contexte, Amel Association Internationale a appelé le ministère des Affaires sociales à élaborer un plan national d’urgence clair comprenant :

  • La création de centres d’hébergement alternatifs équipés conformément aux normes humanitaires.
  • La fourniture de services de santé, de soutien psychosocial et social dans ces centres.
  • L’adoption d’une approche participative avec les municipalités, la société civile et les organisations humanitaires.
  • Le développement de politiques de long terme en matière de protection sociale et de logement d’urgence.

L’organisation a également appelé le ministère de l’Éducation à lancer immédiatement un plan de réhabilitation des écoles afin de leur restituer leur rôle éducatif naturel avant le début de la prochaine année scolaire, tout en mettant en place des mécanismes empêchant les établissements éducatifs de devenir une alternative permanente à l’absence de politiques officielles d’hébergement.

Par ailleurs, Amel a demandé au gouvernement libanais d’adopter une politique nationale claire de gestion du déplacement interne fondée sur les principes des droits humains et les normes humanitaires internationales. Cette politique devrait reposer sur une coordination entre les ministères, les municipalités, les organisations humanitaires et la société civile, avec des mécanismes transparents de suivi, d’évaluation et de redevabilité.

Amel Association Internationale a conclu en affirmant que la dignité humaine ne peut rester otage de solutions temporaires ou de discours politiques et médiatiques, et que la protection des personnes commence par la garantie d’un hébergement digne, de l’éducation et de la protection sociale, des responsabilités qui ne doivent ni être reportées ni traitées uniquement dans une logique de gestion quotidienne de crise.

Amel.org
Amel.orghttps://amel.org/
Amel Association International is a social movement for reform, human dignity, access to fundamental human rights, and social justice. Established in 1979 and recognized as a public utility by presidential decree 5832 in 1994, this Lebanese non-sectarian NGO is present in 10 countries.

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