La France réaffirme son soutien à la résilience du Liban et à la réhabilitation des soins de santé primaires dans le Sud
Le président de l’Association Amel Internationale, le Dr Kamel Mohanna, a reçu le chargé d’affaires de l’Ambassade de France à Beyrouth, M. Bruno Pereira da Silva, accompagné de la conseillère politique Marie Favreil et de la responsable des affaires humanitaires Marion Dehan, ainsi que M. Jean-Bertrand Mot, directeur de l’Agence française de développement (AFD) au Liban, et M. Kevin Cherbel, président de Première Urgence Internationale. Cette rencontre s’est tenue dans le cadre d’une visite de terrain au Centre de soins de santé primaires d’Amel dans la ville de Khiam.
La visite s’inscrit dans le suivi de la situation du secteur de la santé dans les régions du Sud les plus touchées et visait à évaluer les besoins sanitaires et humanitaires urgents. Elle s’est déroulée dans le cadre d’une tournée comprenant Khiam et Chebaa, avec la participation de représentants des autorités municipales locales.
Lors de la rencontre, le chargé d’affaires de l’Ambassade de France a salué le rôle humanitaire et national joué par l’Association Amel, considérant son action comme un modèle avancé dans la défense de la dignité humaine et du droit à la santé. Il a réaffirmé que « la France restera aux côtés du peuple libanais dans cette période difficile, en soutien à sa résilience et aux institutions qui protègent l’être humain et assurent des services essentiels dans les conditions les plus difficiles ».
De son côté, le directeur de l’Agence française de développement a souligné l’importance de la complémentarité des efforts entre les institutions nationales et les partenaires internationaux, estimant que la réhabilitation du secteur de la santé constitue un pilier fondamental du redressement du Liban. Il a insisté sur le fait que le soutien aux établissements de santé doit s’inscrire dans une vision globale fondée sur la justice sociale et l’égalité, garantissant un accès équitable aux services essentiels pour tous.
Le président de Première Urgence Internationale, M. Kevin Cherbel, a également mis en avant l’importance du partenariat et de la coordination avec l’Association Amel, notamment en ce qui concerne les projets de reconstruction du centre de soins de santé primaires de Khiam, afin de répondre aux besoins de la population et d’assurer la continuité des services de santé.
Le centre de soins de santé primaires de Khiam avait précédemment bénéficié du soutien de l’Agence française de développement dans le cadre du projet SAQIRH I, visant à assurer la continuité des services de santé essentiels et à renforcer la résilience des communautés locales. Toutefois, en 2024, le centre a été détruit à la suite de frappes aériennes israéliennes sur les quartiers environnants, entraînant l’interruption des services dans une zone déjà marquée par une forte vulnérabilité sanitaire et des besoins croissants.
Dans ce contexte, l’Agence française de développement a réaffirmé, à travers le projet SAQIRH II, son engagement à reconstruire et réhabiliter le centre de Khiam conformément aux normes du ministère libanais de la Santé publique, afin d’assurer une restauration durable des soins de santé primaires, de soutenir le retour progressif des familles dans leurs villages et de renforcer leur résilience.
Le Dr Kamel Mohanna a remercié la délégation française pour le soutien constant de la France, soulignant que « la santé est un droit fondamental de l’homme, et que la reconstruction des structures de santé ne se limite pas à la pierre et aux infrastructures, mais reflète un engagement éthique et humanitaire envers la dignité des personnes et leur droit à la vie ». Il a réaffirmé la détermination de l’Association Amel à poursuivre son rôle de partenaire national actif dans la défense de ce droit, malgré les défis majeurs.
Il a ajouté que « la responsabilité de la communauté internationale aujourd’hui ne se limite pas à l’aide humanitaire, mais implique de déployer tous les efforts pour mettre fin à la guerre dans la région, faire cesser les violations du droit international et rendre justice aux victimes ». Il a appelé à une pression internationale réelle et efficace pour permettre aux habitants du Sud de retourner dans leurs villages et pour lancer un processus sérieux de reconstruction garantissant la dignité et le droit à une vie sûre.
« La justice n’est pas un acte individuel, mais un projet collectif qui nécessite la convergence des efforts à l’échelle mondiale », a déclaré Mohanna. « À une époque où les accords internationaux sont bafoués et où les doubles standards prévalent, l’Association Amel Internationale renforce son engagement humanitaire, convaincue que la défense des droits ne souffre aucun compromis. »
Il a conclu en affirmant que « l’Association Amel, portée par plus de 2 300 employés et bénévoles à travers le Liban, opérant via 40 centres, 24 cliniques mobiles et de nombreux programmes de développement et de défense des droits, restera aux côtés des populations quelles que soient les circonstances. Elle incarne le Liban auquel nous croyons, un Liban qui crée la vie avec peu de moyens et qui ne renonce jamais à son rôle de phare des valeurs humaines ».
Cette visite revêt une dimension humaine particulière, le Dr Kamel Mohanna ayant lui-même été directement touché par les attaques contre la ville de Khiam, son domicile ayant été bombardé et entièrement détruit à trois reprises. Malgré cela, il poursuit son engagement indéfectible envers la mission d’Amel, plaçant l’être humain et le droit à la santé et à la dignité au cœur de l’action humanitaire, convaincu que la résilience ne se mesure pas à ce qui est détruit, mais à ce qui est reconstruit en termes d’espoir, de services et de vie.