L’escalade de la guerre au Liban appelle à un appel humanitaire urgent

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Le collectif des ONG au Liban et le Comité de suivi des organisations de la société civile libanaise et palestinienne se sont réunis le mardi 3 mars 2026 au siège de l’Association Amel Internationale, à la lumière de l’escalade dangereuse et des récents développements au Liban, lesquels constituent une menace directe pour la vie des civils, la stabilité sociale et la sécurité publique.

Le coordinateur général du collectif, le Dr Kamel Mohanna, a prononcé une déclaration au nom des participants, soulignant que le Liban, déjà accablé par de profondes crises économiques et sociales, ne peut supporter un nouveau cycle de violence susceptible d’entraîner de nouveaux déplacements forcés et d’aggraver la souffrance des groupes les plus vulnérables, alors que des centaines de milliers de Libanais vivent déjà dans des conditions humanitaires extrêmement précaires.

La déclaration a insisté sur le fait que la protection des civils et la garantie de leurs droits fondamentaux, au premier rang desquels figurent le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité, doivent demeurer la priorité absolue à ce stade. Elle a appelé au strict respect du droit international humanitaire, notamment à l’obligation d’épargner les civils ainsi que toutes les infrastructures sanitaires, humanitaires et de services essentiels lors des opérations militaires.

Les participants ont exhorté la communauté internationale et les organisations concernées à exercer des pressions sur Israël afin qu’il s’abstienne de cibler les hôpitaux, les centres de santé, les abris, les écoles et les infrastructures civiles. De tels actes constituent des violations flagrantes du droit international et mettent en danger des milliers de vies innocentes. Ils ont également appelé à la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi qu’au retrait des territoires libanais occupés.

Les participants ont souligné la nécessité de renforcer trois piliers fondamentaux de la réponse à la crise actuelle.

Premièrement, la préparation aux situations de victimes massives, par l’adoption de systèmes de triage efficaces, le renforcement des capacités d’accueil hospitalières, l’organisation de circuits de référence clairs, l’activation des mécanismes de coordination d’urgence et la conduite régulière d’exercices et de simulations afin d’assurer une réponse rapide, coordonnée et structurée.

Deuxièmement, la préparation aux déplacements massifs, en garantissant la continuité des services de santé, sociaux et psychosociaux pour les familles contraintes de quitter leur domicile, notamment les patients atteints de maladies chroniques nécessitant une dialyse ou un traitement contre le cancer, ainsi que les services de santé maternelle et infantile. Il est également essentiel d’assurer l’accès aux médicaments indispensables et aux soins de santé primaires afin d’éviter que le déplacement ne se transforme en crise de santé publique supplémentaire.

Troisièmement, une gestion logistique rigoureuse, fondée sur l’anticipation des besoins et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, afin de prévenir les pénuries de denrées alimentaires, de médicaments et de fournitures médicales et non médicales essentielles, et d’éviter l’effondrement des services face à une demande accrue.

Dans ce contexte, les participants ont lancé un appel urgent au financement à l’intention de la communauté internationale, des donateurs, des Nations Unies et des organisations humanitaires, afin de mobiliser les ressources financières nécessaires pour répondre immédiatement aux besoins des populations déplacées, garantir un financement durable des services de santé d’urgence et de soins primaires, et mettre en place des mécanismes de financement flexibles et rapides permettant le décaissement immédiat des fonds d’urgence lorsque cela est requis. Ils ont averti que tout retard dans le soutien financier risquerait d’aggraver la souffrance humanitaire et d’exposer des milliers de patients, de blessés et de personnes déplacées à des risques directs.

La déclaration a en outre souligné la nécessité d’assurer une distribution équitable et transparente de l’aide humanitaire, de renforcer les principes de bonne gouvernance et de redevabilité à toutes les étapes de la réponse, et de promouvoir des interventions globales respectueuses des droits humains, de l’égalité et du principe de non-discrimination. Elle a appelé à la mise en place de systèmes efficaces de suivi de l’aide, de l’allocation jusqu’à la distribution finale, à la publication régulière de rapports publics détaillant les dépenses, la couverture géographique et les bénéficiaires, ainsi qu’à l’organisation de missions de contrôle indépendantes afin de renforcer la confiance du public et de prévenir toute perception de favoritisme ou de corruption.

Les participants ont insisté sur l’importance d’éviter toute fragmentation ou duplication des efforts de réponse d’urgence entre les ministères, les municipalités, les organisations de la société civile et les agences internationales, et de garantir une coordination efficace ainsi qu’un échange régulier d’informations. Une telle coordination est indispensable pour prévenir les inefficacités, les disparités dans la couverture de l’assistance et les retards dans sa mise en œuvre, et pour renforcer l’efficacité globale de l’action humanitaire durant cette période critique.

La déclaration a affirmé que les institutions opérant sous l’égide du collectif à travers le Liban mobiliseront toutes les capacités disponibles pour répondre aux besoins des communautés et préserver la dignité humaine, chacune selon son mandat et ses compétences. Elles agiront dans un esprit de complémentarité et de responsabilité partagée, à travers un plan d’urgence unifié, en étroite coopération avec les ministères de la Santé publique et des Affaires sociales, ainsi qu’avec les autres ministères concernés, les municipalités et les principaux partenaires, afin d’assurer une réponse coordonnée, équitable et centrée sur les personnes, et de prévenir toute détérioration sociale supplémentaire.

Le collectif a appelé aux formes les plus larges de solidarité nationale et au renforcement de la coordination entre les autorités gouvernementales, les organisations de la société civile et les acteurs internationaux, afin de garantir une réponse humanitaire rapide, juste et respectueuse de la dignité humaine, et d’éviter un effondrement social plus profond.

La déclaration s’est conclue en réaffirmant que les organisations de la société civile resteront, comme toujours, aux côtés de la population, exprimant ses souffrances, défendant ses droits et travaillant main dans la main avec toutes les forces actives pour protéger la dignité humaine au Liban, car la dignité humaine ne doit jamais devenir une victime du conflit.

Amel.org
Amel.orghttps://amel.org/
Amel Association International is a social movement for reform, human dignity, access to fundamental human rights, and social justice. Established in 1979 and recognized as a public utility by presidential decree 5832 in 1994, this Lebanese non-sectarian NGO is present in 10 countries.

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