Dans le contexte de l’escalade continue de l’agression israélienne contre le Liban depuis le 3 mars 2026, les attaques israéliennes ont causé la mort d’au moins 1 029 personnes, dont 118 enfants et 40 travailleurs du secteur de la santé, au 22 mars. Les dynamiques de déplacement restent extrêmement préoccupantes, le nombre de personnes déplacées dépassant 1,2 million, dont plus de 133 678 vivent actuellement dans 645 centres d’hébergement collectif. Le nombre total de familles déplacées dans ces centres a atteint 34 102 à la même date. Ces installations fonctionnent au-delà de leur capacité, avec de graves pénuries d’électricité, d’eau, d’assainissement et d’intimité, ce qui accroît les risques en matière de protection, en particulier pour les groupes les plus vulnérables.
L’Association Amel Internationale affirme également qu’elle poursuit sa réponse humanitaire d’urgence à travers son réseau de 40 centres de santé et sociaux, ainsi que ses unités médicales mobiles déployées dans différentes régions du Liban, garantissant l’accès aux populations les plus vulnérables, en particulier dans les zones de déplacement et les communautés les plus fragiles.
Les personnes déplacées internes au Liban sont des citoyens libanais qui n’ont pas franchi les frontières internationales, mais qui ont perdu leurs foyers, leurs moyens de subsistance et leurs réseaux sociaux. Par conséquent, elles bénéficient de l’ensemble des droits garantis par la Constitution libanaise et le droit international des droits de l’homme, avec la nécessité de leur assurer une protection supplémentaire en raison de leur vulnérabilité. Les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays stipulent que la responsabilité de leur protection incombe en premier lieu à l’État, et que leurs droits doivent être garantis sans aucune forme de discrimination, y compris le droit à un logement adéquat, aux soins de santé, à l’éducation, à la protection contre la violence, ainsi qu’à l’accès aux documents et aux services essentiels.
Dans ce cadre, l’Association Amel Internationale appelle à l’adoption d’une approche fondée sur les droits, garantissant une protection complète des personnes déplacées internes, et souligne que toute défaillance en la matière constitue un manquement aux obligations juridiques et morales de l’État.
Toutefois, la réalité sur le terrain révèle des défis croissants, non seulement au niveau de la réponse humanitaire, mais aussi en matière de discours public. Récemment, des vagues préoccupantes de discours médiatiques et politiques à caractère raciste, sectaire ou régional ont émergé, présentant parfois les personnes déplacées comme une menace démographique, au lieu de les reconnaître comme des victimes méritant protection et solidarité. L’Association Amel Internationale condamne fermement ces discours, estimant qu’ils constituent une violation manifeste du principe de non-discrimination, et qu’ils menacent la cohésion sociale en alimentant les divisions au sein de la société libanaise.
Les discours fondés sur la haine ou l’incitation, qu’ils soient implicites ou explicites, déshumanisent les personnes déplacées et créent un environnement susceptible de justifier la discrimination à leur encontre ou leur exclusion des services. Cela est en contradiction directe avec les engagements internationaux du Liban, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdit toute forme de discrimination et garantit l’égalité devant la loi.
La littérature internationale sur les déplacements, y compris les cadres politiques et législatifs, indique que l’absence d’une approche fondée sur les droits dans la gestion du déplacement aggrave la vulnérabilité sociale et économique et augmente les risques de tensions entre les communautés hôtes et les populations déplacées. Par conséquent, l’Association Amel Internationale souligne qu’une réponse efficace ne se limite pas à l’aide humanitaire, mais nécessite également des politiques globales qui s’attaquent aux causes profondes des tensions et favorisent la justice sociale et la cohésion communautaire.
Dans ce contexte, l’organisation appelle à :
Premièrement, garantir une protection complète des personnes déplacées contre toutes les formes de violence, d’exploitation et de discrimination, y compris dans les centres d’hébergement et au sein des communautés hôtes.
Deuxièmement, lutter fermement contre les discours de haine, le racisme et le sectarisme dans les médias et les discours politiques, et promouvoir un discours alternatif fondé sur la solidarité et la dignité humaine.
Troisièmement, garantir un accès équitable et non discriminatoire aux services essentiels, notamment la santé, l’éducation, l’eau et le logement, en accordant une attention particulière aux groupes les plus vulnérables tels que les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Quatrièmement, renforcer la cohésion sociale à travers des programmes communs réunissant les personnes déplacées et les communautés hôtes, favorisant le dialogue et la coopération plutôt que la compétition et le conflit.
Cinquièmement, intégrer les Principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays dans les politiques nationales, et œuvrer à l’élaboration d’un cadre juridique clair régissant la réponse au déplacement interne au Liban.
Sixièmement, assurer la participation des personnes déplacées elles-mêmes aux processus décisionnels, en les habilitant à exprimer leurs besoins et à contribuer à la conception des programmes qui les concernent.
L’Association Amel Internationale souligne que les expériences internationales montrent clairement que le traitement du déplacement sous un angle sécuritaire ou politique étroit conduit à des résultats contre-productifs, tandis que les approches fondées sur les droits contribuent à la stabilité et à la construction de la confiance entre les différentes composantes de la société.
En conclusion, l’Association Amel Internationale réitère son appel à une protection globale des personnes déplacées internes au Liban, ainsi qu’au rejet de toutes les formes de discours racistes, sectaires et exclusionnaires, affirmant que la dignité humaine est indivisible et que la solidarité constitue la seule voie pour traverser cette phase critique vers une société plus juste et plus cohésive.