Appel à une action internationale urgente et à la création d’une alliance humanitaire et juridique mondiale pour protéger l’action humanitaire
Amel Association International a publié un communiqué condamnant fermement les menaces israéliennes visant à retirer l’enregistrement des organisations humanitaires et à les empêcher d’opérer dans la bande de Gaza, estimant que ces mesures constituent une tentative délibérée et systématique de saper la réponse humanitaire et de priver les civils de leurs droits les plus fondamentaux, en violation flagrante du droit international humanitaire. L’Association a exprimé sa pleine solidarité avec toutes les organisations humanitaires visées par ces décisions.
L’Association a souligné que priver les populations de l’aide humanitaire et médicale, sous quelque prétexte ou circonstance que ce soit, est inacceptable sur les plans éthique et juridique. Elle a insisté sur le fait que l’instrumentalisation de l’action humanitaire à des fins politiques ou comme moyen de punition collective constitue une atteinte grave aux principes mêmes sur lesquels le droit international a été fondé, au premier rang desquels la protection des civils et l’acheminement sans entrave de l’aide.
Le communiqué ajoute que l’escalade des attaques contre les organisations humanitaires indépendantes ne menace pas seulement la continuité des programmes médicaux, de secours et alimentaires, déjà extrêmement limités à Gaza, mais vise l’idée même de l’action humanitaire. Elle ouvre la voie à la criminalisation du témoignage humanitaire et aux tentatives de réduire au silence ceux qui documentent et relatent la réalité sur le terrain, marquée par les destructions, les morts et les violations graves.
Amel Association International a indiqué que faire porter aux organisations humanitaires la responsabilité de la description de la situation humanitaire catastrophique, ou les accuser de manière infondée au lieu de demander des comptes aux auteurs des crimes, constitue une inversion délibérée des faits. Elle a affirmé que la responsabilité juridique et morale incombe à ceux qui exercent une violence systématique et ciblent les civils, les infrastructures ainsi que le personnel médical et humanitaire.
Le communiqué a mis en garde contre la gravité des conditions et procédures imposées à l’enregistrement des organisations, en particulier celles qui portent atteinte à la sécurité et à la vie privée des travailleurs humanitaires et transforment l’accès humanitaire en un instrument de chantage, dans un contexte où le personnel médical et humanitaire est exposé à des assassinats, des intimidations et des détentions arbitraires. L’Association a estimé que ces pratiques constituent une violation flagrante qui sape l’indépendance et les principes fondamentaux de l’action humanitaire.
Dans ce cadre, Amel Association International a estimé que ce qui se déroule ne peut être dissocié d’une trajectoire internationale plus large et dangereuse visant à marginaliser le rôle des Nations Unies et à affaiblir le système de justice internationale, menaçant ainsi l’ordre international fondé sur le droit et consacrant l’impunité et la primauté de la force au détriment des droits.
L’Association a appelé à une action internationale urgente et à la création d’une alliance humanitaire et juridique mondiale pour défendre le droit international humanitaire, protéger l’action humanitaire de la politisation et de la criminalisation, et empêcher la neutralisation des institutions internationales, qui constituent le dernier cadre régissant les relations entre les États et posant des limites aux violations.
En conclusion, Amel Association International a rappelé que l’autorisation d’entrée de l’aide humanitaire n’est ni une faveur ni une concession, mais une obligation juridique non négociable. Gaza a aujourd’hui besoin d’un renforcement, et non d’une réduction, des programmes de soutien humanitaire, ainsi que de la protection de ce qu’il reste des moyens de subsistance, et non de leur étouffement. L’Association a réaffirmé qu’elle restera, fidèle à sa mission et aux valeurs de ses fondateurs, aux côtés de l’être humain, de sa dignité et de son droit à la vie et à la justice, quelles que soient l’intensité de la répression et la multiplication des tentatives visant à faire taire la voix humanitaire.