Amel Association International présente ses plus sincères condoléances aux familles des victimes et aux personnes endeuillées, ainsi qu’à l’ensemble du peuple libanais, du Sud au Nord, à la suite de la tragédie douloureuse qui a frappé la ville de Tripoli à la suite de l’effondrement d’immeubles résidentiels, causant la mort de personnes innocentes dont le seul « tort » a été de naître dans un pays où la dignité humaine est quotidiennement bafouée sous de multiples formes.
Ce qui s’est produit à Tripoli n’est ni un incident isolé ni un acte inévitable du destin. Il s’agit plutôt du résultat direct de violations accumulées qui continuent de coûter la vie à des citoyens libanais, que ce soit en raison d’agressions extérieures ou, plus dangereusement encore, d’un ennemi intérieur incarné par la négligence, la mauvaise gestion et l’abandon chronique des droits fondamentaux des citoyens à un logement sûr et à une vie digne.
Depuis des décennies, de vastes régions du Liban, et en premier lieu Tripoli, souffrent d’une marginalisation systématique, marquée par l’absence quasi totale de l’État tant au niveau de la planification que de la mise en œuvre, ainsi que par le manque de politiques publiques équitables plaçant l’être humain au cœur des priorités. Des quartiers entiers ont été livrés à leur sort, où la vulnérabilité s’ajoute à la pauvreté et le risque au risque, jusqu’à ce que la tragédie devienne un scénario récurrent, payé à chaque fois par les populations pauvres et les classes populaires.
Amel Association International affirme que la concurrence politique, si elle doit exister, doit se limiter à l’élaboration des meilleures réponses aux besoins des citoyens et à leur service, et non à l’attisement des divisions ou à l’aggravation des conflits sociaux et politiques. Dans tous les cas, les groupes les plus vulnérables demeurent les principales victimes de ces politiques, au Liban comme ailleurs dans le monde.
Guidée par sa mission visant à promouvoir la dignité en tant qu’exigence sociale et de droits humains, Amel Association International réaffirme son engagement à renforcer sa réponse humanitaire et sociale dans le Nord du Liban, en particulier à Tripoli, dans la limite des moyens disponibles. Cela comprend l’élargissement de ses programmes de santé, sociaux et psychosociaux, l’accompagnement des familles touchées, et les efforts visant à atténuer l’impact de cette tragédie sur les communautés locales.
L’organisation intensifiera également ses efforts pour encourager les partenaires internationaux et régionaux à unifier et coordonner leur soutien, afin de garantir une réponse efficace qui dépasse les interventions d’urgence et ouvre la voie à une assistance plus durable et à long terme.
Amel Association International souligne que faire face à la tragédie de Tripoli ne peut se faire par des mesures temporaires ou des promesses saisonnières, mais uniquement par des solutions globales et durables. Celles-ci doivent commencer par la reconnaissance du droit des habitants de la ville, ville de fierté, de culture et d’histoire, à un logement sûr, à des services essentiels et à un développement équitable, et aboutir à des politiques publiques qui protègent les citoyens au lieu de les abandonner à la négligence.
En conclusion, Amel Association International insiste sur le fait que cet incident doit constituer un avertissement sans équivoque : lorsque la négligence et la corruption deviennent des pratiques enracinées, elles ne conduisent pas seulement à l’effondrement des bâtiments, mais aussi, à terme, à l’effondrement de l’État et des fondements de la cohésion sociale. Il n’est dans l’intérêt de personne que la situation actuelle perdure, car son coût se mesure toujours en vies humaines et en dignité.
Le Liban a aujourd’hui un besoin urgent de justice et d’une véritable course contre la montre pour sauver ce qui reste et placer l’être humain au cœur de tout projet national inclusif. La dignité humaine ne peut être reportée, et la vie des citoyens n’est pas une variable d’ajustement. Tripoli, comme toutes les régions marginalisées du Liban, mérite un État qui la protège, et non un État absent.