Mohanna : Khiam résume la douleur du Sud et la fierté du Liban
Général Cabrichos : Nous resterons aux côtés des habitants du Sud
Lors d’une cérémonie organisée dans la ville de Khiam, l’Association Amel Internationale, en partenariat avec la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL – secteur Est), a inauguré une nouvelle clinique mobile qui sillonnera les villages et localités aux alentours de Khiam. Son objectif : fournir des soins de santé et un soutien psychologique, renforcer la résilience communautaire et poursuivre la mission humanitaire d’Amel, fidèle à son engagement de toujours aller vers l’humain, où qu’il soit.
Parmi les participants figuraient le général Ricardo Esteban Cabrichos, commandant du secteur Est de la FINUL ; Mme Eva Teryk Vazerk, responsable des affaires civiles à la FINUL ; le lieutenant-colonel Carlo Bessenda Garcia ; le capitaine Oscar Castillo ; Mgr Elias Kfoury ; le maire de Marjayoun, Sari Ghalmiyeh ; le maire d’Ibl el-Saqi, Georges Rahal ; une délégation de la municipalité de Khiam représentant le maire ; un représentant du caza, Wissam Hayek ; le vice-maire de Kfarshouba, Jihad Diab ; le général de brigade Hassan Diab représentant le général Tony Fares ; les mokhtars Ahmad Hassan, Ali Saad, Bassam Ghosn et Ali Rachid ; le Dr Alain Dondin, président d’Amel France ; l’ingénieur Hassan Ghannoum, représentant d’une association médicale canadienne ; M. Moussa Barakat ; et Mme Sarah Khoury. La délégation a été accueillie par le Dr Kamel Mohanna, président de l’Association Amel Internationale, accompagné de son épouse, de Mme Zeina Mohanna, membre du conseil d’administration, ainsi que de l’équipe d’Amel à Marjayoun–Hasbaya.
Le lancement de cette clinique mobile porte un message à la fois humanitaire, sanitaire et de développement. Il reflète la détermination des habitants du Sud, de l’Association Amel et de la FINUL à faire revivre la terre et les gens après chaque guerre. Il réaffirme que la résilience est un acte quotidien, non un simple slogan, et que l’accès aux soins est un droit fondamental, non un privilège. Depuis 1980, les cliniques mobiles d’Amel figurent parmi les solutions les plus innovantes pour garantir ce droit à la santé à toute personne au Liban.
Aujourd’hui, les cliniques mobiles d’Amel sont réparties dans tout le pays : de Tyr, Marjayoun et Khiam au Sud, à Beyrouth et à la Békaa centrale et nord, réalisant des dizaines de milliers d’interventions chaque année. Dans les camps, les villages et les villes, ces cliniques témoignent d’un engagement humanitaire continu, fondé sur l’idée que la santé est un droit lié à la dignité humaine, au-delà de la géographie ou des moyens financiers.
La cérémonie a débuté par un mot d’accueil de Mme Zeina Mohanna, suivi du discours du capitaine Oscar Castillo, puis de celui du Dr Kamel Mohanna.
Mohanna : « La clinique mobile est un pont de vie et de solidarité »
Dans son discours, le Dr Mohanna a souligné que Khiam est un symbole de sacrifice et de résistance, qui incarne à la fois la douleur du Sud et la fierté du Liban. « Elle renaît de ses cendres à chaque fois grâce à la volonté de ses habitants, qui ont choisi d’être les ‘gardiens de la dignité et non les victimes de la guerre’. »
« Cette clinique n’est pas un simple projet médical, mais un message humanitaire mobile qui reconnecte l’être humain à son droit à la santé et à la dignité. Elle s’inscrit dans la continuité du parcours d’Amel depuis cinquante ans : défendre les droits et la dignité des gens, sans considération d’origine ou d’appartenance. »
Mohanna a salué les forces de la FINUL, affirmant qu’elles « se tiennent aux côtés des habitants du Sud depuis des décennies, témoins de leur souffrance et de leur résilience, jouant un rôle central dans la documentation des violations et le soutien à la stabilité humaine. »
Il a ajouté : « La relation entre Amel et la FINUL est un partenariat exemplaire qui dépasse les protocoles pour un travail réel sur le terrain. Cette nouvelle clinique prouve que la solidarité internationale n’est pas un luxe, mais un devoir moral, et que le développement et la résilience sont les deux faces d’un même combat. »
Et de conclure : « Depuis la libération, le centre de Khiam est un symbole vivant de l’engagement d’Amel au service de l’humain. Il a ouvert ses portes à tous, sans distinction, devenant un refuge pour les plus vulnérables et un espace de sécurité pour les souffrants. Il n’a jamais fermé ses portes, même dans les périodes les plus sombres. La dernière guerre l’a presque entièrement détruit, mais nous l’avons réhabilité avec une détermination sans faille. Et aujourd’hui, nous nous apprêtons à construire un nouveau centre, en réponse aux besoins de Khiam et de ses alentours, pour affirmer la présence constante d’Amel aux côtés des gens, comme toujours : au cœur de la souffrance, pour la dignité humaine.
Cette clinique, rattachée au centre, incarne cette approche de terrain qui ne connaît pas les bureaux fermés, ni l’attente du financement pour agir. Les équipes médicales iront dans chaque village, apporteront des soins aux personnes âgées, aux femmes, aux enfants, et redonneront espoir à ceux qui croyaient que le monde les avait oubliés. »
Général Cabrichos : « La FINUL restera aux côtés des populations »
De son côté, le général Ricardo Esteban Cabrichos a exprimé sa fierté du partenariat avec l’Association Amel, affirmant que la mission de la FINUL dépasse la sécurité pour inclure le soutien aux communautés locales et le renforcement de leur résilience.
« Notre présence dans le Sud ne vise pas seulement à protéger les frontières, mais à servir les populations, à bâtir des ponts de confiance et d’espoir. Cette clinique mobile que nous lançons aujourd’hui reflète l’esprit de coopération entre les Nations Unies et la société civile libanaise, pour un avenir plus sain et plus paisible pour tous », a-t-il déclaré.
À la fin de la cérémonie, le ruban a été coupé pour annoncer officiellement que l’Association Amel a pris possession de la nouvelle clinique mobile, qui rejoint le réseau des unités médicales mobiles opérant dans le Sud — afin d’être aux côtés des populations durant cette période charnière et difficile.

















