Dans une rencontre emblématique alliant engagement juridique et plaidoyer humanitaire, l’Association Amel Internationale, en partenariat avec le Ministère de la Justice libanais, a organisé à Beyrouth un atelier spécialisé portant sur la protection des travailleuses domestiques migrantes et le renforcement des mécanismes d’identification des victimes de la traite des êtres humains.
L’événement a réuni un public de haut niveau composé de magistrats, d’experts juridiques, et de représentants des institutions officielles et de la société civile, notamment le Directeur général du Ministère de la Justice, le juge Mohammad Al-Masri, et le juge Ayman Ahmad, officier de liaison. L’atelier a réaffirmé l’engagement du secteur judiciaire libanais envers les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes migrantes employées dans les foyers, dans un contexte socio-économique de plus en plus précaire.
La justice au service de la dignité
Cette initiative s’inscrit dans un cadre de collaboration continue visant à renforcer les capacités judiciaires et à moderniser les outils législatifs conformément aux standards internationaux. Elle reflète également l’engagement constant de l’Association Amel depuis 2011, à défendre les droits des travailleurs et travailleuses migrantes par le biais de programmes intégrés : accompagnement psychosocial, soutien juridique, autonomisation professionnelle, et intervention directe dans les cas de traite.
Discours d’ouverture : entre droit et humanité
La Dre Zeina Mehanna, membre du conseil d’administration d’Amel, a ouvert la session en soulignant la nécessité d’une coopération institutionnelle entre les secteurs public et civil pour une protection efficace des travailleuses migrantes. Elle a insisté sur l’importance de la connaissance juridique, des outils de suivi et de la coordination interinstitutionnelle pour lutter efficacement contre la traite.
Le juge Mohammad Al-Masri a rappelé que la justice est le dernier rempart pour protéger les plus vulnérables, soulignant l’urgence de réformer les lois encadrant le travail domestique. De son côté, le juge Ayman Ahmad a présenté une analyse détaillée des cas de traite, mettant en lumière les failles juridiques et appelant à une action coordonnée entre justice, sécurité et société civile.
Une dénonciation morale du système de kafala
Dans un discours engagé, le Dr Kamel Mohanna, président d’Amel, a affirmé que les droits des travailleuses migrantes ne relèvent pas d’un simple enjeu administratif, mais constituent une cause humaine et morale liée à la dignité et à la justice. Il a dénoncé le système de kafala comme une pratique inhumaine, appelant à une réforme en profondeur qui place l’être humain au centre des lois et des politiques.
Il a réaffirmé qu’Amel se considère comme un mouvement de libération humaine, œuvrant contre toutes les formes d’injustice et pour la justice sociale et l’égalité des droits.
Recommandations clés et clôture
L’atelier s’est clôturé par une discussion ouverte où les participants ont échangé leurs expériences et évalué les dispositifs juridiques en vigueur. Les principales recommandations ont été :
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Renforcer le rôle du pouvoir judiciaire dans la protection des travailleurs migrants.
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Mettre en place un programme de formation durable entre le Ministère de la Justice, Amel et les ONG partenaires.
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Harmoniser les mécanismes de signalement et d’orientation entre institutions.
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Initier une réforme législative pour abolir le système de kafala et garantir les droits fondamentaux des migrants.
Un engagement commun pour la justice
L’Association Amel Internationale a renouvelé son engagement indéfectible à collaborer avec le Ministère de la Justice et les instances judiciaires libanaises afin de faire de la protection des travailleuses migrantes un droit fondamental, et de faire de la dignité et la justice une priorité nationale partagée.





